L’INCOMPREHENSION


L’incompréhension nait du regard que nous portons sur les autres. Notre regard est empreint des prismes de notre éducation, des systèmes culturels ou religieux et de notre histoire personnelle. A travers eux, nous nous sommes forgés une vision du monde que nous pensons être celle de tout le monde. Aussi, lorsque nous regardons l’Autre, ou lorsque nous tentons d’entrer en communication avec l’Autre, c’est à travers ce que nous sommes que nous le faisons.

C’est lorsqu’il s’agit des êtres que nous aimons, ceux qui composent notre intimité que cela devient le plus difficile. Il existe une telle proximité; le parcours en commun a été tellement long et multiple; nous avons tellement accumulé de matériaux similaires, que nous ne pouvons imaginer que l’Autre ne puisse pas penser comme nous.

C’est alors que, même si le dialogue est de bonne qualité, nous commençons à penser à la place de l’Autre et à lui attribuer des pensées ou des attitudes qui sont parfois à des années-lumière de ce qu’il est réellement. Nous avons probablement tous fait l’expérience d’avoir vécu de longues années auprès de quelqu’un, puis de choisir une autre route, et de constater que cette personne qui a vécu huit ou dix années à nos côtés, apparait comme le plus parfait inconnu, comme si tout ce vécu en commun, ce magnifique parcours d’amour n’avait jamais existé.

Nous constatons que nous ne connaissons aucunement cette personne que nous imaginions pourtant si proche et avec laquelle nous avions tant partagé. En fait, nous l’avions regardé avec le regard de l’incompréhension, le regard du prisme de notre ego sans jamais remarquer que nous ne la regardions pas, mais qu’elle était le miroir de notre ego et de nos projections. Nous avions projeté une « image » d’elle que ne prenait à aucun moment en compte ce qu’elle était réellement. C’est ainsi que l’incompréhension s’installe.

 L’incompréhension est le pire mal de notre siècle. C’est à cause d’elle que les êtres se déchirent, que les familles se détruisent, que la solitude règne. Le manque d’amour est rarement la cause des conflits et des séparations. Les humains s’aiment; C’est dans leur nature profonde. L’amour est présent la plupart du temps. Mais il s’exprime à travers l’incompréhension et il ne peut être entendu.

 Gardons-nous bien de penser à la place de l’Autre et de lui attribuer des pensées qu’il n’a pas. C’est la source de toutes les guerres.

amandiers en fleurs

Photo Serge Briez

Sarlat, le 26 juillet 2011 20h31

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  1. #1 par laurencevn le 15 août 2011 - 23 h 26 min

    C’est malheureusement tellement vrai. La présence à l’autre, sans penser à ce qu’on va dire, à ce qu’on a entendu, continuer l’histoire, son histoire dans sa tête et pour cela, j’ai retenu une phrase apprise en sophrologie : regarder, entendre, vivre des évènements « comme si c’était la première fois ». Cela permet de mettre entre parenthèses ses à priori, son mental et d’être disponible avec un regard et une oreille « neufs ». L’Autre nous apparait alors nouveau et permet de prendre du recul par rapport à tous nos prismes.

  2. #2 par laurencevn le 11 août 2011 - 22 h 40 min

    Merci Daniel de tes articles. Ils créent des parenthèses et des sujets de réflexion, ici et maintenant, qui sont les bienvenus.

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